19/11/2014

Nucléaire et génome: pour en savoir davantage

Traduire depuis la langue suivante : anglais

 

 

Forum Scientifique et Citoyen

sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants

29 Novembre 2014, Genève (Suisse)

 

Le collectif IndependentWHO - Santé et nucléaire (IWHO) organise un Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants au Centre œcuménique, 120 route de Ferney, Genève (Suisse) le samedi 29 Novembre 2014.

 

Le Forum réunit des experts de l'Allemagne, du Japon, de l'Ukraine, du Royaume-Uni et des États-Unis d'Amérique pour discuter des effets des rayonnements sur des générations d'êtres humains, de plantes et d’animaux touchés par toutes les sources de pollution radioactive. Celles-ci comprennent le fonctionnement de routine des centrales nucléaires, des accidents majeurs tels que ceux de Tchernobyl et de Fukushima, les essais nucléaires atmosphériques, au sol et souterrains et l'utilisation d'uranium appauvri dans les armes.

 

Les intervenants sont la Dr Inge Schmitz-Feuerhake, professeure retraitée de physique expérimentale à l'Université de Brême (Allemagne); le Dr Yuri Dubrova, professeur de génétique à l'Université de Leicester (Royaume-Uni); le Dr Wladimir Wertelecki, président du Conseil des programmes de développement de l'enfant d’OMNI-NET (Ukraine) et ancien président du Département de génétique médicale et de malformations congénitales, de l'Université de South Alabama (USA); le Dr Keith Baverstock, enseignant à la Faculté des sciences naturelles et de l'environnement de l'Université de Kuopio, en Finlande; le Dr Timothy Mousseau, professeur au Département des sciences biologiques de l'Université de Caroline du Sud (Etats-Unis); Mme Chiyo Nohara, membre de l'équipe de l'Unité de BCPH de physiologie moléculaire du Département de chimie, biologie et sciences de la mer de la Faculté des sciences de l'Université des Ryukus à Okinawa (Japon). Le forum sera modéré par Ruth Stégassy, animatrice de l’émission «Terre à Terre» sur France Culture. (Pour le programme détaillé voir www.independentwho.org )

 

Traduire depuis la langue suivante : anglais

L'Organisation mondiale de la Santé a déclaré en 1957 que « tout rayonnement artificiel doit être considéré comme nocif pour l'homme du point de vue génétique » et que « le bien-être des descendants de la génération actuelle est menacé par l'évolution de l'utilisation de l'énergie nucléaire et des sources de rayonnements ». Aucune preuve scientifique n’est apparue depuis pour contredire cette position. Au contraire, des études ultérieures indiquent que les dangers ont été sous-estimés. Un demi-siècle plus tard, la terre baigne dans la contamination radioactive. Les activités nucléaires, industrielles et militaires, ont endommagé le système de support de vie de l'humanité et de toutes les autres formes de vie pour des dizaines de milliers d'années et, irrévocablement, leur patrimoine génétique. Pendant ce temps, et malgré les termes vigoureux de sa mise en garde précoce par rapport aux effets génétiques, l'OMS a abdiqué ses responsabilités dans tous les aspects de la radioprotection. Elle est subordonnée à l’establishment nucléaire tout comme les autorités sanitaires nationales de ses États membres. Pour combler cette lacune, des scientifiques indépendants et les citoyens concernés doivent unir leurs forces pour examiner les preuves, augmenter les connaissances du public et prendre des mesures pour arrêter d'autres dommages et assurer la protection future de notre précieux patrimoine génétique.

 

Le Forum portera sur: les effets génétiques immédiats et différés des rayonnements ionisants; les résultats d'études passées et présentes, les conséquences biologiques sur les individus, les populations et les écosystèmes; les malformations congénitales chez les nourrissons en Ukraine; des preuves récentes des effets génétiques sur les papillons de Fukushima; et le rôle et les conséquences de l'instabilité génomique induite par les facteurs de stress environnementaux. A travers des discussions avec les orateurs, l'accent sera mis sur les connaissances de base du public sur les dommages génétiques à long terme résultant de la radiocontamination répandue à grande échelle, ainsi que sur les mesures que les scientifiques et les citoyens peuvent prendre ensemble en vue de prises de décision responsables et démocratiques dans ce domaine crucial de la santé publique.

 

Forum soutenu par les Femmes pour la Paix Genève

16:09 Publié dans Annonces | Lien permanent | Commentaires (0)

Une mission pour désarmer les enfants soldats

 

 

Elle revient d’Irak, lui de Syrie. Il y a quelques jours  encore, Elisabeth Decrey-Warner et Mehmet Balci parcouraient chacun de leur côté ces régions kurdes dont les combattants sont en première ligne face aux djihadistes du groupe Etat islamique (Daech). Partis en mission pour l’ONG Appel de Genève, ils sont allés vérifier que les forces kurdes procèdent comme promis… à la démobilisation des enfants soldats. Etonnant timing? Pas tant que ça. «Dans cette guerre difficile et violente, les Kurdes veulent montrer au monde qu’ils ont des valeurs et veulent les défendre. Ils sont sensibles aux critiques de l’ONU et, en collaboration avec l’Appel de Genève, ils essaient d’y répondre en respectant mieux les standards internationaux. Ils souhaitent être considérés comme des combattants et non pas comme des terroristes», analyse Elisabeth Decrey-Warner. Ancienne présidente du Grand Conseil genevois, elle a cofondé en 2000 l’Appel de Genève, une ONG qui a déjà obtenu de 51 «acteurs armés non étatiques» qu’ils s’engagent formellement à respecter des traités humanitaires.

 

Un casse-tête logistique

 

Résultat cette année au Moyen-Orient: 149adolescents viennent d’être démobilisés au sein des Unités de protection du peuple (YPG) kurdes de Syrie et environ 250 dans les bases arrière irakiennes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de Turquie. «Ce n’est pas toujours simple, car les jeunes ne veulent pas forcément retourner dans leurs familles, note la Genevoise. Trop souvent les filles venues s’enrôler avaient en réalité fui pour éviter un mariage forcé. Et si on renvoie ces mineurs ultrapolitisés, nombre d’entre eux iront simplement proposer leurs services à d’autres groupes armés. Quant aux jeunes de Turquie passés en Irak, ils ne peuvent plus rentrer.» Du coup, les forces kurdes ont organisé, loin des hostilités, des sortes de camps d’attente pour ces jeunes, explique Mehmet Balci, qui dirige les programmes pour le Moyen-Orient au sein de l’Appel de Genève. «Nous leur avons apporté des uniformes scolaires, afin qu’ils cessent de porter le treillis militaire. Et nous tentons d’obtenir que des civils les encadrent plutôt que des combattants armés. Ils ont besoin d’éducation, d’activités ludiques… Nous aimerions que des agences de l’ONU les prennent en charge, mais c’est très compliqué. En Syrie, par exemple, il leur faudrait le feu vert du gouvernement à Damas!»

 

Crise humanitaire à Sinjar

 

Un vrai casse-tête, qui empire avec l’hiver, quand l’arrivée de volontaires adolescents devient encore plus compliquée à gérer pour les forces kurdes. Dans le Nord irakien, Elisabeth Decrey-Warner a eu l’occasion d’en parler avec Cemil Bayik, le numéro deux du KCK, l’Union des communautés du Kurdistan, dont fait partie le PKK. La Genevoise a également rencontré Murat Karayilan, qui commande la branche militaire. «Mais en ce moment, ce qui les inquiète plus que tout, c’est la situation à Sinjar (ndlr: ancien fief de la minorité religieuse Yézidie en Irak). Encerclés par les combattants de Daech, 10000résidents ont de la nourriture pour tenir trois semaines. "Après, c’est la crise humanitaire», s’alarme la présidente de l’Appel de Genève. A moins bien sûr que les forces kurdes ne parviennent à nouveau à créer un corridor par lequel les civils pourraient fuir. Et en Syrie? «En arrivant dans celui des trois cantons kurdes qui touche la frontière irakienne, j’ai été surpris de découvrir que la situation économique n’est pas catastrophique, note Mehmet Balci. La population peut compter sur la production locale et les autorités autonomes prélèvent des taxes sur les commerçants qui traversent la région pour passer en Irak. Mais psychologiquement, les gens sont très affectés par les combats. Les enfants ne prennent pas la peine d’aller à l’école. Ils ne voient pas de futur.» (TDG) André Allemand 18 11 14

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05/11/2014

Les effets du nucléaire sur la santé et sur le génome: conférence à Genève

Les Femmes pour la Paix de Genève soutiennent  le

Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques

des Rayonnements Ionisants

 le 29 Novembre 2014, Genève (Suisse)

Le collectif IndependentWHO - Santé et nucléaire (IWHO) organise un Forum Scientifique et Citoyen sur les Effets Génétiques des Rayonnements Ionisants au Centre œcuménique, 120 route de Ferney, Genève (Suisse) le samedi 29 Novembre 2014.

Le Forum réunit des experts de l'Allemagne, du Japon, de l'Ukraine, du Royaume-Uni et des États-Unis d'Amérique pour discuter des effets des rayonnements sur des générations d'êtres humains, de plantes et d’animaux touchés par toutes les sources de pollution radioactive. Celles-ci comprennent le fonctionnement de routine des centrales nucléaires, des accidents majeurs tels que ceux de Tchernobyl et de Fukushima, les essais nucléaires atmosphériques, au sol et souterrains et l'utilisation d'uranium appauvri dans les armes.

 

Les intervenants sont la Dr Inge Schmitz-Feuerhake, professeure retraitée de physique expérimentale à l'Université de Brême (Allemagne); le Dr Yuri Dubrova, professeur de génétique à l'Université de Leicester (Royaume-Uni); le Dr Wladimir Wertelecki, président du Conseil des programmes de développement de l'enfant d’OMNI-NET (Ukraine) et ancien président du Département de génétique médicale et de malformations congénitales, de l'Université de South Alabama (USA); le Dr Keith Baverstock, enseignant à la Faculté des sciences naturelles et de l'environnement de l'Université de Kuopio, en Finlande; le Dr Timothy Mousseau, professeur au Département des sciences biologiques de l'Université de Caroline du Sud (Etats-Unis); Mme Chiyo Nohara, membre de l'équipe de l'Unité de BCPH de physiologie moléculaire du Département de chimie, biologie et sciences de la mer de la Faculté des sciences de l'Université des Ryukus à Okinawa (Japon). Le forum sera modéré par Ruth Stégassy, animatrice de l’émission «Terre à Terre» sur France Culture. (Pour le programme détaillé voir www.independentwho.org ) 


L'Organisation mondiale de la Santé a déclaré en 1957 que « tout rayonnement artificiel doit être considéré comme nocif pour l'homme du point de vue génétique » et que « le bien-être des descendants de la génération actuelle est menacé par l'évolution de l'utilisation de l'énergie nucléaire et des sources de rayonnements ». Aucune preuve scientifique n’est apparue depuis pour contredire cette position. Au contraire, des études ultérieures indiquent que les dangers ont été sous-estimés. Un demi-siècle plus tard, la terre baigne dans la contamination radioactive. Les activités nucléaires, industrielles et militaires, ont endommagé le système de support de vie de l'humanité et de toutes les autres formes de vie pour des dizaines de milliers d'années et, irrévocablement, leur patrimoine génétique. Pendant ce temps, et malgré les termes vigoureux de sa mise en garde précoce par rapport aux effets génétiques, l'OMS a abdiqué ses responsabilités dans tous les aspects de la radioprotection. Elle est subordonnée à l’establishment nucléaire tout comme les autorités sanitaires nationales de ses États membres. Pour combler cette lacune, des scientifiques indépendants et les citoyens concernés doivent unir leurs forces pour examiner les preuves, augmenter les connaissances du public et prendre des mesures pour arrêter d'autres dommages et assurer la protection future de notre précieux patrimoine génétique. 

Le Forum portera sur: les effets génétiques immédiats et différés des rayonnements ionisants; les résultats d'études passées et présentes, les conséquences biologiques sur les individus, les populations et les écosystèmes; les malformations congénitales chez les nourrissons en Ukraine; des preuves récentes des effets génétiques sur les papillons de Fukushima; et le rôle et les conséquences de l'instabilité génomique induite par les facteurs de stress environnementaux. A travers des discussions avec les orateurs, l'accent sera mis sur les connaissances de base du public sur les dommages génétiques à long terme résultant de la radiocontamination répandue à grande échelle, ainsi que sur les mesures que les scientifiques et les citoyens peuvent prendre ensemble en vue de prises de décision responsables et démocratiques dans ce domaine crucial de la santé publique.


 

 

01/11/2014

Geneva Call, comment aider à protéger les acteurs et victimes de la guerre

Un groupe rebelle syrien à Genève pour bannir les mines antipersonnel et les viols

Par Andrés Allemand. Mis à jour le 27.10.2014

Des centaines de combattants vont être formés ces prochains mois par les humanitaires de l’Appel de Genève.

Curieuse image. Cet après-midi à 16h, c’est dans l’ambiance feutrée de la salle Alabama de l’Hôtel-de-ville de Genève que Khalid Saleh, le représentant politique d’un groupe important au sein de la rébellion syrienne, a paraphé «l’Acte d’engagement» de l’Appel de Genève interdisant l’usage de mines antipersonnel et la pratique de violences sexuelles au cœur de la guerre.

«Nos combattants doivent absolument être exemplaires. Les civils syriens ont beau détester le régime Assad, quand ils regardent l’Armée syrienne libre, ils ne voient qu’un énorme fouillis. Il faut que ça change, si nous voulons gagner la bataille des cœurs et des esprits.» Secrétaire général du Mouvement Hazzm, une des principales brigades de l’Armée syrienne libre (ASL), Khalid Saleh promet ainsi que ses 5000 combattants issus de l’alliance de 22 groupes armés banniront dorénavant ces pratiques.

Au cours des prochains mois, une formation sera fournie à plusieurs centaines de combattants pour diffuser les obligations contenues dans le droits international humanitaire, a assuré la présidente de l’Appel de Genève, Elisabeth Decrey Warner, ancienne présidente socialiste du Grand Conseil genevois. «Ils se veulent de vrais combattants et non pas de vulgaires tueurs.»

Le Mouvement Hazzm est le second acteur armé non-Etatique syrien à signer ces deux Actes d’engagements. Les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) et des Unités féminines de protection (YPJ) les ont déjà paraphés en juin.

(Tribune de Genève)

 

17:33 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

La Lettre 48 est en ligne, voir rubrique la Lettre

Vous y trouverez des novelles de nos activités et des rapports sur certains aspects positifs ou non de l'actualité.

 

La Suisse aussi vend des armes

 
 
Nous luttons pour que les exportations d'armes suisses soient limitées, mais le business passe avant l'éthique. Nous reproduisons ci-dessous une dépêche de l'ATS, sans commentaires!
 
"Les ventes de matériel de guerre à l'étranger sont reparties à la hausse à la fin du 3e trimestre 2014 en Suisse. Le Groupement pour une Suisse sans armée (GSsA) tire la sonnette d'alarme.

16:56 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

12/08/2014

COURAGEUX OU TRAITRE'

Depuis des années les Femmes pour la paix soutiennent  les efforts des associations,   en Israël et en Palestine,  qui luttent pour faire avancer vers une paix durable . Leur travail devient de plus en plus difficile et risqué. Voici le témoignage de ce qui se passe dans la presse:

Un article du journaliste d’«Haaretz» sur la récente opération de Tsahal à Gaza a valu au journaliste critique Gideon Levy une pluie de menaces. D’autres voient en lui une «lumière dans la pénombre»

Des insultes et des menaces, le journaliste israélien d’Haaretz , Gideon Levy, en a reçu beaucoup en trente ans d’une carrière consacrée à la couverture de la politique israélienne dans les territoires palestiniens. Jamais comme durant l’opération «Bordure protectrice».

Le 14 juillet, interviewé par une télévision dans les rues d’Ashkelon, ville méridionale d’Israël, le journaliste de 61 ans est pris à partie par un habitant: «Traître, va vivre avec le Hamas!» lui hurle l’homme, lui jetant un billet à la figure. L’article qu’il a écrit le matin même, «Le mal que font les pilotes», lui a valu une pluie de menaces par téléphone et sur les réseaux sociaux. «Ils sont la crème de la jeunesse israélienne, […] ils perpètrent les actes les plus mauvais, les plus brutaux et les plus méprisables. […] Ils sont assis dans leur cockpit et appuient sur le bouton de leur joy­stick, jeu de guerre», a-t-il écrit. Dans la rue, où tous reconnaissent son imposante carrure et son visage tanné par le soleil, les regards se font mauvais et les insultes pleuvent.


«J’ai écrit le même article pendant l’opération «Plomb durci» (2008-2009), cela a suscité beaucoup de colère, mais rien comparé à ce que je vis en ce moment. L’armée et la sécurité sont la véritable religion de ce pays. Les gens voudraient qu’on ne critique qu’une fois que l’opération est finie», souligne-t-il. Il ne se déplace plus sans un garde du corps. Certains lui prédisent le même sort qu’Itzhak Rabin, tué le 4 novembre 1995 lors d’un discours public à Tel-Aviv par Yigal Amir, un extrémiste de droite opposé aux accords d’Oslo que Rabin avait signés avec les Palestiniens en 1993.


Gideon Levy n’est pas le seul à subir des menaces, à la limite de l’agression physique. «Les gens de gauche ont peur d’aller aux manifestations, d’être frappés. Le mot smolani («gauchiste») est devenu la pire des insultes. On ne peut exprimer aucune sympathie ou empathie pour les Palestiniens sans être menacé. Les vrais racistes, eux, ne se cachent plus.» Le symptôme, selon lui, d’années d’expansion de l’extrême droite, du racisme et de l’incitation à la haine en Israël. «La société israélienne est malade. Du sud du pays à Tel-Aviv, les images de Gaza sont reçues avec indifférence, voire par des expressions de joie. Il suffit de regarder les réseaux sociaux et les appels à «les brûler tous». Je n’avais jamais vu ça», explique-t-il. «Finalement, le mot «fascisme», que j’essaie d’utiliser le moins possible, a mérité sa place dans la société israélienne», écrivait-il le 19 juillet.


Mais l’homme est décidé à ne pas se taire. Le soutien que lui apporte la direction de son journal, malgré le désabonnement de lecteurs outrés et la colère de certains collègues, est inestimable à ses yeux. «Je crois sincèrement en ce que je pense, parfois je me trouve même trop modéré. Je regarde Al-Jazira en anglais et je deviens plus radical encore», confie-t-il. Celui qui fut pendant quatre ans, à la fin des années 1970, le conseiller et porte-parole de Shimon Peres, alors au Parti travailliste, n’était pas mû par l’idéologie, le jour où il a été envoyé par le quotidien Haaretz couvrir la première Intifada (1987-1993). «J’ai peu à peu réalisé que l’occupation est le plus grand drame d’Israël et que personne ou presque ne la couvre», dit-il.


Beaucoup le comparent à sa collègue, Amira Hass, qui vit à Ramallah. «Nous sommes très différents. Elle est très courageuse. Moi, je vis dans ma bulle à Tel-Aviv.» Depuis son salon, où il est condamné à observer la guerre, interdit comme tous les journalistes israéliens d’entrer à Gaza depuis huit ans, il zappe entre les chaînes nationales et internationales, édifié par la couverture des médias israéliens. «Ce sont deux mondes parallèles! Les médias ici ont tellement déshumanisé les Palestiniens.»


Il fustige cette opération «plus brutale encore que «Plomb durci». «C’est horrible, ça n’a mené à rien. Le gouvernement n’avait aucune stratégie, aucun objectif clair. Il nous parle de tunnels au lieu de désenclaver Gaza. Ils ont bombardé des écoles, un marché, la station électrique. Il y a 400 000 réfugiés, dont certains pour la deuxième ou troisième fois. Ils admettent que plus de 70% des victimes sont des civils: quelle excuse peut-on trouver à cela? Ça ressemble à Damas.»


Le véritable contexte de cette guerre, dit-il, a été la fin des négociations de paix en avril, la mise sens dessus dessous de la Cisjordanie après l’enlèvement de trois jeunes Israéliens le 12 juin, les obstacles mis à l’accord de réconciliation interpalestinien et surtout sept ans de siège à Gaza. «Si les Palestiniens ne lancent pas de roquettes, personne ne parle de Gaza et ne s’en préoccupe. C’est une cage. Même lors des négociations de paix, ils ne parlent que de la Cisjordanie», pointe-t-il. «Vraiment, je n’aime pas le Hamas, mais tout ce qu’il demande, c’est que le siège soit levé.»


Pour lui, seules les pressions de la communauté internationale pourront faire changer la politique d’Israël. Il n’y a plus personne en face. Le camp de la paix s’est délité depuis la seconde Intifada et «le mensonge d’Ehoud Barak». «Il a dit qu’il n’y avait pas de partenaire pour la paix. Israël a perdu l’espoir et la gauche a perdu l’espoir.» Gideon Levy lui continue, soutenu par les lettres de ceux qui le remercient d’être une «lumière dans la pénombre» ou même de ceux qui, en désaccord avec ses idées, promettent de «se battre» pour qu’il puisse toujours s’exprimer.

Hélène Salon, Le Monde

 

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26/03/2014

Un architecte engagé

Nous félicitons l'architecte japonais Shigaru Ban pour le prix qu'il vient de recevoir. Nous reproduisons l'article du Temps Genève 26-3-14 à ce propos:

C’est un architecte de la compassion et une figure exemplaire pour toute la profession, qui reçoit le 36e Prix Pritzker, cette distinction que l’on qualifie de Nobel de l’architecture. Shigeru Ban, 57 ans, est surtout connu pour son travail sur les logements temporaires en cas de catastrophe. Il a aussi réalisé le Centre Pompidou à Metz et, en Suisse, les bureaux zurichois de Tamedia (actionnaire du Temps à 46,2%).

«Malheureusement, les architectes ne travaillent pas pour la société, disait-il lors d’une récente conférence TED. Notre métier nous met au service de ceux qui ont du pouvoir et de l’argent. Ils nous engagent pour rendre visibles ce pouvoir et cet argent, en faisant de l’architecture monumentale. Je l’ai souvent regretté […] Les catastrophes naturelles ne sont pas seulement naturelles. C’est l’effondrement des immeubles instables qui tue. Si les gens meurent ou n’ont plus de toit, c’est donc aussi notre responsabilité d’architectes. Mais aucun de nous n’est présent pour construire des abris temporaires. Parce que nous sommes trop occupés à travailler pour les riches.»

C’est en 1994, voyant les misérables bâches en plastique fournies aux déplacés du conflit rwandais, que Shigeru Ban comprend comment mettre son métier au service des démunis. Il contacte le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU et propose ses services. Il développe alors des tentes à base de tubes en carton recyclé, le matériau qui deviendra sa signature.


Il fonde une sorte de Médecins sans frontières de l’architecture, Voluntary Architects’ Network, qui est intervenu en Turquie, en Chine, en Italie, en Indonésie, en Haïti, en Nouvelle-Zélande, au Japon. «Nous avons construit des espaces communautaires, notamment des écoles et des églises, qui devaient être temporaires, mais auxquels les populations ont fini par s’attacher, et qui perdurent. Depuis, je m’interroge beaucoup sur les notions de temporaire et de permanent.»


Succédant à son compatriote Toyo Ito, Shigeru Ban est le septième architecte japonais à recevoir le prestigieux Pritzker.


 


 

 

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La Lettre 47, notre bulletin du printemps est en ligne

Au sommaire, Ukraine et Syrie, nos actions, quelques défenseurs des droits humains, jeux vidéo guerriers...

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26/10/2013

Fukushima Daiichi, où en sommes-nous?

Les Femmes pour la paix avaient préparé un dossier pour la nomination de la compagnie TEPCO*, responsable de la centrale nucléaire  gravement endommagée au moment du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011. Nous n'avons pas obtenu cette nomination pour le prix de la pire entreprise, le Public Eye Award décerné au moment du forum de Davos où se retrouvent les puissants de ce monde  Mais nous étions bien placés sur la liste longue.

voici un résumé des arguments présentés, en anglais

Tepco's irresponsability, lies and omissions.

Tepco Daiichi nuclear plant was ravaged on March 11 2011 by earthquake damage, tsunami flooding, explosions and meltdown of the reactors. Radioactive clouds spread over the land and the ocean.  People had to leave  their houses, their fields ,their livelihood and their health is at  high risk. The radioactive contamination of the environment will last for centuries. Tepco’s cover ups, lies and  mismanagement of the plant before and after the accident are an on-going  catastrophe.

The list starts with negligence when choosing the site for the plant, near an earthquake fault line and a few meters from the Pacific Ocean.(There had been a devastating tsunami in the same area in 1933.)  . The  protective seawall was built lower than planned, 10  meters instead of 35. The pools for cooling the spent fuel located above the reactors made them very vulnerable. During the years of operation,  maintenance errors were reported and ignored. - Recurrent concealment and lies in the reports submitted to the Nuclear Energy Supervisory Authority led to an overhaul of the company’s top management.

 

Tepco during the accident was slow  to react  and failed to report. Radioactive water is leaking dayly into the ocean and contaminated vapor raises from the site. The spent fissile materialis still dangerous and there is no way to know where is the corium from the damaged reactors. Tepco has not yet found a viable way technically or financial to insure the safety of the site.The Japanese  government has to help by  injecting  billions of yens.

 

Tepco does not respect the most basic human rights:right to health, right to a clean environment  and to clean food ,right to safe working conditions, right  to freedom of expression.

 

The workers on the site are subject to doses of radiation much higher -50mSv/year- than the international admitted level of 20mSv/. They have no access to their files. Several levels of subcontracting prevent them to establish responsabilities.

 

There is censorship of news. Only some chosen media linked to Tepco have access to information and the workers are forbidden from giving interviews. There is proof that  figures for the radiactivity levels are lowered.

 

The radioactivity leaking from the site affects an area with a population of more than 30 millions. From air ,land and sea, small doses are inhaled and incorporated  through the food chain. Children are already showing signs of health damage and the long term effects to be expected  include cancers, cardiac affections, cataracts,  kidneys failure and   alterations  to the genotype. Animals and vegetals presentf  alterations due to the radioactivity.  

 

 *Tepco is the leading Japanese energy producing company, with 38 000 employees and a net sales/net income (for the last documented year 2012) of yen-5 972.6  billions…